Jake - guitare
Jorge - chant
Meggs - batterie
Rick - basse
Les Casualties voient le jour à New York en 1991, date à laquelle sort leur premier single 40 Ounce Casualty. Miné par de fréquents changements de line up, le groupe parvient tout de même à sortir un premier album For The Punks en 1996, suivi de Underground Army trois années plus tard, avant de se stabiliser autour de la formation actuelle.
Les Casualties enregistrent Stay Out of Order en 2000 et Die Hards en 2001 avant de signer chez SideOneDummy (Suicide Machines, MXPX, 7 Seconds) qui leur procure une plus grande exposition. Bill Stevenson (Descendents, Black Flag, All, Good Riddance...) leur offre ses services pour la confection de leur cinquième opus On The Front Line qui les propulse sur le devant de la scène punk US.
Forts de quinze années d'expérience, The Casualties font figure de vétérans de la scène punk US. Au fil du temps, les new yorkais ont su imposer leur style désuet tout en redonnant un coup de fouet salutaire au genre. Transfuges de Punk Core Records (Defiance, A Global Threat, Action...), un des derniers éleveurs de créteux et d'iroquois, ils officient désormais sur le label SideOneDummy qui, l'an dernier, leur offrait la possibilité de célébrer ce qui s'apparente à un anniversaire par la sortie d'un dvd.
Conçu sur le mode du dyptique, Can't Stop Us relate les pérégrinations des Casualties lors de leur tournée au Mexique et au Japon.
Le visionnage de la tournée mexicaine laisse une impression assez étrange. Sur le plan musical, cette partie n'offre pas de grande jubilation, la plupart des extraits de concerts étant doublé de bandes sonores studios nous laissant quelque peu sur notre faim. Seuls, quelques extraits de live véritable - la cover de "Filler" de Minor Threat exécutée par Rick sous un petit chapiteau de Juarez vaut à elle seule le déplacement - mais dotés d'un son vraiment médiocre, nous laissent tout de même entrevoir l'intensité de leurs concerts.
Toutefois, l'essentiel est ailleurs. Un des aspects sinon positifs du moins intéressants du dvd tient à sa faculté de retranscrire fidèlement l'atmosphère régnant sur place, atmosphère de révolte sociale permanente, très violente où l'on sent bien que tout peut basculer d'un moment à l'autre, comme en témoigne l'émeute du concert de Mexico City et les problèmes rencontrés lors du concert de plein air dans la même ville. En effet, même si les Casualties sont accueilli en héros, ils n'en restent pas moins aux yeux des mexicains comme les ressortissants d'un pays capitaliste majeur en visite dans un pays aux disparités socio-économiques importantes. Outre l'origine sud-américaine de Jorge Silva, cette tension justifie peut-être leur volonté de chanter en espagnol (le groupe a d'ailleurs enregistré une version ibérique de On The Front Line, intitulée En La Linéa del Frente).
Changement de climat au Japon. Ici l'atmosphère est plus feutrée, relativement calme en regard de la fougue latine. Les scènes vidéos sont plus soignées, les Casualties ayant bénéficié de moyens plus efficaces - une caméra côté public, une autre sur la scène - permettant de nous faire une idée plus précise de leurs sets. En tout une dizaine d'extraits de concerts exécutés dans des salles différentes - même si on a la facheuse impression qu'il s'agit de la même - captés avec un son brut de décoffrage, parfois un peu brouillon, mais au final nettement plus naturel et spontané. Rick et Jake semblent prendre leur pied et Jorge, malgré une attitude statique, n'en manque pas moins d'efficacité en raison de son énorme voix.
Les extraits de concerts sont entrecoupés de scènes à l'interêt assez limité, l'essentiel étant constitué de questions posées aux fans sur la qualité du groupe dont je vous laisse deviner la réponse. Seul passage plus émouvant que les autres, l'étape à Hiroshima et la visite du Peace Memorial Museum qui, apparemment, laisse les Casualties sous le choc.
Au niveau du choix des titres, on appréciera au passage la présence des classiques "Casualty Army", "Police Brutality", "Criminal Class" ou "on The Front Line". Seuls "Leaders of Today" ou "Static Feedback and Noise" manquent à l'appel.
Dans l'ensemble Can't Stop Us constitue une bonne acquisition qui, sans être transcendante, devrait en tout cas ravir les amateurs des Casualties.